Voilà quelque chose que l’on ne croyait plus possible : nous avons découvert un nouvel organe dans le corps humain : le microbiote. Il est constitué de l’ensemble des bactéries qui colonisent principalement notre intestin, mais aussi d’autres lieux comme le vagin pour les femmes, ou simplement notre peau.

deux mondes

Cette découverte pose de nouvelles questions. Comme cet écosystème est constitué de 10 fois plus de cellules que notre corps humain, nous pouvons nous reposer la question et redéfinir: qui sommes-nous ?
"Je pense donc je suis" écrivait Descartes, ou est-ce que notre réalité se résumerait-elle à un super organisme hébergeant une multitude de bactéries ?

Les analyses les plus fines de ces univers bactériens arrivent à la conclusion surprenante que notre stabilité physique, comme mentale, semble dépendre de la diversité de ce microbiote et de l’équilibre que nous entretenons avec lui. Nous renversons ainsi les directives établies par les "hygiénistes" : notre santé tiendrait à l’équilibre et à l’harmonie que nous entretenons avec nos bactéries. Leur élimination systématique n’est plus à l’ordre du jour.

La mise en route du système immunitaire doit se faire en établissant un dialogue avec ces bactéries. Leur diversité doit être surveillée, l’équilibre entre bactéries potentiellement pathogènes et utiles doit se mettre en place. Certaines maladies prennent ainsi une nouvelle image, et les soigner nécessiterait à retrouver cet équilibre complexe entre ces deux mondes.

L’usage inconsidéré des antibiotiques est encore plus remis en question : fini la guerre radicale contre les bactéries. La médecine doit rechercher un armistice, voire la paix, avec l’essentiel de ce que nous sommes : un microbiote.


Christian Cordt-Moller, Pharmacien FPH, propriétaire